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Bruno Solo en terre inconnue…

« Voyager c’est aller à la rencontre de l’autre… »

propos recueillis par Alexandre Arditti

On l’a vu en Mongolie dans l’émission de Frédéric Lopez « Voyage en terre inconnue » sur France 2. De retour en France, Bruno Solo nous raconte cette expérience unique dans un pays qui demeure encore pour nombre d’entre nous aussi lointain que mystérieux… Rencontre avec un comédien pour qui voyager veut dire beaucoup.

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L’émission « Voyage en terre inconnue » en Mongolie à laquelle vous avez participé a connu un très grand succès d’estime autant que d’audience…

Bruno Solo : En effet, l’émission est particulièrement bien conçue. Le concept à mi-chemin entre l’émission de voyage et l’aventure humaine est en outre superbement servi par une réalisation de grande qualité. Grâce aux repérages effectués sur le terrain par Frédéric Lopez et son équipe, au temps passé à rencontrer les hommes et au savoir-faire acquis lors des émissions précédentes, cette émission apparaît comme une sorte d’ovni dans le PAF d’aujourd’hui et on ne peut que s’en féliciter.

Comment avez-vous été amené à y participer ?

B.S. J’ai rencontré Frédéric Lopez lors d’un festival à l’Alpe d’Huez l’année dernière. Il m’a alors proposé de participer à l’aventure et j’ai dit oui tout de suite car on a rarement l’occasion de vivre une expérience aussi insolite ! J’ai en outre été comblé lorsque j’ai découvert la destination dans l’avion. J’ai en effet toujours rêvé d’aller en Mongolie, mais ce n’est pas un pays évident à visiter par ses propres moyens du fait du peu d’infrastructures hôtelières, de la difficulté pour se déplacer…

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Quelles furent vos premières impressions à votre arrivée ?

B.S. Vraiment, la Mongolie est un pays fascinant ! Nous avons vécu pendant 17 jours dans la steppe, au nord d’Ulan Bator. C’est une région très verte, vallonnée, avec des canyons… Dans ce pays grand comme trois fois la France pour seulement trois millions d’habitants, les espaces sont immenses et les distances infinies. Nous étions installés dans une yourte, chez un éleveur de bétail nomade nommé Batbayar, qui nous a accueillis au sein de sa famille. À partir de ce moment, nous avons vécu à leur rythme dans des conditions de confort très correctes, et à cheval lorsque nous devions nous déplacer.

« La grande leçon de cette aventure, c’est que les hommes sont forcément faits pour s’entendre. »

On vous a vu très touché par cette rencontre avec Batbayar ?

B.S. Au début, nous sommes tombés sur un homme plutôt rustre, qui nous considérait comme des bras susceptibles de l’aider à traire les vaches, tondre les moutons, mener les troupeaux…! Nous avons ainsi dû beaucoup travailler pour l’aider. Mais au bout de quelques jours, nous avons découvert un homme certes rugueux, mais humainement très riche, drôle, délicat, un peu poète tout en demeurant lucide avec un vrai discours sur son temps et sa condition de nomade au XXIe siècle, à l’heure où son pays commence aussi à changer et à se moderniser. Bref, quelqu’un de surprenant et de passionnant, si bien que Frédéric et moi avons ressenti beaucoup d’émotion au moment de le quitter.

Quel bilan tirez-vous de cette expérience ?

B.S. Une telle rencontre ne s’oublie pas. Nous sommes conscients d’avoir vécu des moments uniques. Grâce à un interprète présent 24 heures sur 24, nous avons pu nouer avec Batbayar une relation humaine inespérée et échanger nos points de vue. Confronté à l’urbanisation de son pays et à la disparition progressive de la vie nomade, cet homme très digne jette un regard résolument moderne sur le monde qui nous entoure. La grande leçon de cette aventure, c’est qu’au-delà des contingences religieuses, économiques ou culturelles, les hommes sont forcément faits pour s’entendre ! En outre, Frédéric Lopez et moi sommes devenus très proches, ce voyage ayant créé un lien très fort entre nous.

Qu’avez-vous ressenti à votre retour ?

B.S. Je suis resté très marqué, presque hanté, pendant les deux ou trois mois qui ont suivi. Encore aujourd’hui, j’imagine Batbayar dans la steppe avec son troupeau au moment où nous parlons et ça me fait quelque chose. Mais je suis aussi revenu avec la confirmation qu’un voyage, c’est d’abord aller à la rencontre des gens, de leur culture, de comprendre comment ils vivent chez eux… Cela peut se vivre à l’autre bout du monde, mais aussi en France, à notre porte…

« Le voyage, c’est un peu aller se perdre en sachant que l’on peut revenir… »

En marge de cette émission, êtes-vous quelqu’un qui voyage beaucoup habituellement ?

B.S. J’ai eu la chance de beaucoup voyager lorsque j’étais plus jeune. Récemment, j’ai un peu ralenti car j’ai encore de jeunes enfants mais j’espère repartir en famille dès cette année, pourquoi pas pour un périple dans le Grand Nord canadien. Pour moi, le voyage, c’est un peu aller se perdre, en sachant que l’on peut revenir… Il faut savoir apprécier ces moments et être conscient de la chance que l’on a lorsque l’on a le temps et les moyens pour voyager et réaliser ses rêves.

Quels pays vous ont particulièrement marqué ?

B.S. Outre la Mongolie, j’ai particulièrement apprécié le Kenya, le Mexique ou les États-Unis. Maintenant, je rêve de découvrir la Nouvelle-Zélande, l’Inde… c’est sans fin ! Lorsque l’on a attrapé le virus, on a toujours envie de repartir quelque part.

 

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